El Ejido : un an plus tard

jeudi 8 février 2001.
 
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Europe-marchandise

Il y a un an, les 5, 6 et 7 février 2000, la population de la ville andalouse de El Ejido se livre à un véritable pogrom à l’encontre de la communauté immigrée : chasse à l’étranger provoquant une soixantaine de blessés, destructions de logements et de locaux, attaques d’organisations civiles de défense des immigrés,…

La police ne réagit qu’après trois jours, pour éviter des morts qui auraient fait scandale. En réaction, les travailleurs immigrés entamèrent un mouvement de grève débouchant, le 12 février, sur la signature d’accords avec les autorités et les entrepreneurs de la région. Le Parlement européen, dans une résolution du 17 février, condamnait les violences et demandait "que les mesures convenues soient scrupuleusement mises en œuvre".

Un an plus tard, force est de constater que cet appel est resté lettre morte, et sur El Ejido règnent l’impunité et la loi du silence. Le rapport d’enquête international du Forum Civique Européen a pourtant mis en lumière le côté organisé des émeutes et la passivité complice du gouvernement espagnol : "il est évident que cette explosion couvait et que la responsabilité doit être recherchée parmi les acteurs d’un système économique qui condamne des hommes à des conditions de travail et de vie sociale inhumaines".

Les émeutes ont en effet permis :

- de dévoiler l’existence en Europe de régions où se pratique à l’heure actuelle une forme d’esclavage moderne,

- de révéler l’instrumentalisation du racisme et l’organisation juridique de la ségrégation sociale et de l’exploitation des travailleurs sans papiers,

- de démontrer combien la politique d’immigration européenne sert les intérêts économiques du modèle d’agriculture productiviste encouragé par la PAC.

Si cette situation est présente dans les autres régions d’Europe et dans les autres secteurs économiques, le cas de El Ejido représente le modèle type de cette Europe que nous rejetons.

Pour briser le silence et soutenir la lutte des travailleurs sans papiers d’Andalousie, nous, citoyens et associations, demandons au gouvernement espagnol :

1. le respect et l’application des accords du 12 février, en insistant sur les points suivant :


- relogement de tous les immigrés dont les logements ont subi des dommages pendant les émeutes,

- indemnisation pour tous les dommages et pertes subis aussi bien par les immigrés que par les espagnols,

- régularisation des immigrés sans papiers qui se trouvent dans la région d’Almeria.

2. qu’une enquête judiciaire soit menée sur les faits survenus les 5,6 et 7 février 2000.

Nous dénonçons également les synergies qui existent entre les besoins d’une agriculture compétitive sans limites et la politique européenne d’immigration. Nous demandons donc aux gouvernements européens de mettre en place :

- une politique européenne d’immigration ouverte, non soumise aux besoins économiques, respectueuse de la liberté de chacun de circuler et de s’installer,

- une politique agricole commune garantissant la promotion des principes d’une agriculture paysanne et du commerce équitable.

Rassemblement devant l’ambassade d’Espagne jeudi 8 février à 12h, bd Régent 52, 1000 Bruxelles

CCLE - Alhambra - 8 février 2001


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