Expulsion de Fuaad Ahmed Nur

lundi 29 juin 1998.
 

Ce lundi 29 juin, le Collectif contre les Expulsions comptait bien, comme la veille avec Semira, empêcher une nouvelle expulsion. La soif de déportation de l’Office des Etrangers en a décidé autrement...

Communiqué

L’action a débuté a débuté vers 6h10 ce lundi matin. Des membres du collectif interceptaient le fourgon conduisant le jeune somalien. Après avoir tenté de forcer le passage, celui-ci s’immobilisait, entouré d’une trentaine de manifestants venus de Bruxelles et de Liège. Ces derniers dégonflaient les pneus (ceux-ci n’ont pas été crevés, contrairement à ce qui a été affirmé). Un calicot était déployé et le fourgon décoré de messages réclamant la liberté pour Fuaad et l’arrêt immédiat des expulsions.

La gendarmerie arrivait sur les lieux une dizaine de minutes plus tard pour procéder à une évaluation. Vers 7h, de nouveaux fourgons arrivaient, accompagnés d’une autopompe (pour trente personnes !?!). Ceux-ci procédaient à l’arrestation administrative des manifestants et transbordaient le déporté violemment dans un autre véhicule. Alors que les militants anti-expulsions étaient mis au secret à la gendarmerie de Zaventem (jusqu’à 11h), Fuaad était amené à l’aéroport.

Une deuxième équipe du Collectif contre les Expulsions était présente à l’aéroport pour informer les passagers de la déportation et faire pression sur la Sabena pour qu’elle n’embarque pas le déporté. En vain malheureusement. Il était embarqué à bord de l’avion Sabena de 10h25 vers Kigali.

Le Collectif contre les Expulsions se pose de nombreuses questions vis-à-vis des autorités belges et de la Sabena. L’expulsion vers le Rwanda s’est réalisée sans l’accord du pays receveur. En conséquence, Fuaad pourrait être remis dans un avion en direction de la Belgique. De plus, le déporté présente des risques de tuberculose. Plusieurs tests (négatifs) ont déjà été réalisés mais d’autres n’ont toujours pas donné leurs résultats (cultures biologiques).

Etait-il donc si urgent de déporter Fuaad, au point de ne pas tenir compte du pays receveur et d’anticiper les résultats de l’analyse ? Comment expliquer cette rage de déporter qui animent le ministre de l’intérieur et l’Office des Etrangers ? De même, la Sabena était au courant du cas de Fuaad, de la date de son expulsion et des risques de tuberculose.
Comment expliquer dès lors que celui-ci n’apparaissait pas dans le listing d’enregistrement de la Sabena ? A-t-il été procédé à un contrôle médical par le médecin Sabena ? Enfin, dans quelles conditions l’embarquement s’est-il réalisé, au vue de la violence utilisée par les gendarmes lors du transfert de fourgon et de la ferme volonté de l’orphelin de refuser son embarquement ?

Dommage que le service de sécurité Sabena n’ait pas daigné nous rencontrer. L’absence de transparence qui entoure chaque expulsion ne nous rend pas optimiste quant aux conditions dans lesquelles elles sont pratiquées. Après les années de galère qu’il a vécues, Fuaad (17 ans) avait l’opportunité de commencer une vie heureuse en Belgique. L’Etat belge et la Sabena le renvoient en enfer.

Le dégoût, la colère et la honte sont les seuls sentiments que nous inspirent une telle attitude. Elle nous renforce dans notre conviction. Par leur attitude, les autorités belges nous contraignent à mener des actions qui peuvent paraîtrent désespérées. Nous continuons notre action pour l’arrêt immédiat de toutes les déportations, plus déterminés que jamais. Ne pas avoir les bons papiers n’est pas un crime... Déporter des gens, oui !

A bientôt pour notre prochain rendez-vous...
Collectif contre les expulsions (C.C.E.)
ccle - 29 juin 1998


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