Les centres fermés de Belgique

jeudi 9 septembre 1999.
 

Il existe actuellement six centres fermés ayant chacun une fonction et une histoire particulière. A côté de cela, quelques grandes prisons du royaume destinent toujours un certain pourcentage de places à l’Office des Etrangers pour la détention de ses sans papiers.

Le Centre INADS
Le centre INADS est destiné à la détention des personnes refoulées à l’aéroport cataloguées comme inadmissibles (Inad). Il se trouve dans la zone de transit de l’aéroport de Bruxelles-National, à côté du poste de gendarmerie. Il a été ouvert en mars 1995 et est géré par l’Office des Etrangers et dépend du centre 127. Il y a deux dortoirs, des toilettes et douches et une salle commune pour une capacité de 25 à trente personnes. Aucun accès à l’air frais n’est prévu. Il n’y a pas de durée maximale de séjour. La détention est prévue dans l’attente du prochain vol retour et peut s’étaler sur une semaine. Il n’est pas rare toutefois que des personnes y séjournent plus longtemps bien que l’infrastructure ne soit pas
prévue à cet effet.
Les détenus reçoivent trois repas par jour et bénéficient de quelques facilités, bien maigres cependant. Aucun avocat ne peut y pénétrer et les visites de familles ne sont tout simplement pas prévues dans cette partie de l’aéroport.

Le Centre 127
Le centre de transit 127, situé à Melsbroek, se trouve en bordure de piste de l’aéroport de Bruxelles. Créé en 1988, il accueille les demandeurs d’asile qui se sont présentés à la frontière de l’aéroport, dans l’attente d’une réponse de l’Office des Etrangers. La détention peut y durer deux mois, le temps que tous les recours aient été épuisés. En cas de décision négative, les détenus sont transférés au centre 127 bis.
La capacité d’accueil du centre est d’environ 80 personnes, mais ce chiffre est régulièrement dépassé. Le bâtiment est une sorte de baraquement préfabriqué entouré de barbelés. Le bruit y est assourdissant. Les détenus peuvent y circuler librement et accéder à un téléphone public, dont l’usage n’est cependant pas confidentiel. La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) qualifie le bâtiment de vétuste et d’insalubre : « les sanitaires - douches communes - sont très usagés. Des odeurs nauséabondes se dégagent. Des poubelles sales qu’on trouve habituellement sur la voie publique, sont placées dans les lieux de vie ». Ce centre devrait être remplacé à court terme.

Le Centre 127 bis de Steenokkerzeel

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Plan du 127 bis

Le centre de rapatriement 127 bis, situé à Steenokkerzeel, se trouve en bordure de piste de l’aéroport de Bruxelles-National. Ouvert en mars 1994, il accueille les demandeurs d’asile déboutés et ceux toujours en attente d’une réponse mais dont l’Office estime qu’elle sera en général négative. Sa capacité d’accueil est de 192 places. Ce bâtiment moderne est construit selon un modèle carcéral, divisé en quatre ailes et entouré d’une double rangée de grillages surmontés de concertinas délimitant un no man’s land. Un troisième grillage a été construit récemment à l’extérieur. Il y a quelques cellules d’isolement de 1,5 mètres sur 3. La FIDH considère les conditions matérielles du centre comme acceptables. En novembre 1994 cependant, deux rapports rédigés par des agents de la santé publique dénonçaient des conditions de détention pires qu’en prison. De nombreuses révoltes et évasions de détenus ont marqué l’histoire du 127 bis.

Le Centre pour Illégaux de Bruges
Le centre de Bruges a ouvert ses portes en janvier 1995. Il était prévu au départ pour accueillir les étrangers en séjour illégal. Depuis peu, il sert aussi à la détention des demandeurs d’asile déboutés. Le « Refuge » a une capacité d’accueil de 112 places. Il occupe le bâtiment de l’ancienne prison pour femmes, dite « Le Refuge », à côté d’une importante caserne de gendarmerie. Construit en forme de U et entouré de grillages et de concertinas, il est divisé en trois ailes, une pour les femmes et deux pour les hommes. Les dortoirs sont communs, peu aérés et fermés la nuit. Les détenus sont obligés de passer la journée dans la salle commune de leur aile. Il est seulement permis deux douches par semaine.
La FIDH note que si les conditions matérielles semblent bonnes, « l’anxiété des personnes retenues dans ce centre
semble préoccupante ». Les témoignages d’anciens détenus qui sont passés par plusieurs centres le décrivent comme
celui où les conditions de détention sont les plus difficiles.

Le Centre pour Illégaux de Merksplas
Le Centre pour Illégaux de Merksplas a ouvert ses portes en novembre 1993. Il accueille tant des illégaux que des
réfugiés mais seulement des hommes. D’une capacité de 120 places, il est situé au sein d’un vaste complexe
pénitentiaire. Le centre est divisé en plusieurs ailes. Une cage a été construite dans la cours pour que les détenus en
isolement puisse prendre l’air. Le Comité européen pour la prévention de la torture décrit les conditions matérielles du
centre comme satisfaisantes.

Le Centre pour Illégaux de Vottem

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Plan de Vottem

Le centre de Vottem est situé dans la banlieue liégeoise, coincé entre une caserne militaire et une caserne de
gendarmerie. Il est entré en fonction en septembre 1998. Il est construit sur le modèle du centre 127 bis, dont il constitue
la version améliorée. Tout a été fait pour gommer visuellement l’aspect carcéral. Le bâtiment est entouré d’un grillage
dépourvu de consertinas. A l’intérieur cependant, les quatre ailes sont délimitées par plusieurs grilles. Elles contiennent
chacune douze chambres de quatre lits, une salle de sport, une salle de culte, un réfectoire, une cuisine et une salle de
loisir.
ccle - 30 mai 2001


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