Synthèse des médias

mardi 9 septembre 2003.
 

Les faux pas du juge d’instruction
La Dernière Heure - 26.09.98

BRUXELLES. A l’extension du palais de justice aussi, la mort de Semira et la façon dont le dossier est traité attisent les passions…

Il nous revient de sources sûres souhaitant conserver l’anonymat que le parquet a été obligé mardi soir de rappeler le juge en charge du dossier. Le juge, qui considérait sa journée terminée, était rentré chez lui. Il est vrai qu’à ce moment, la mort de Semira prenait dans son esprit une importance telle que le magistrat était décidé à remettre les deux gendarmes en liberté sans les inculper ni même les avoir entendus… Gilbert Dupont.

Deux gendarmes inculpés mais libres
La Libre Belgique - 24-09-98

Renseignements pris à la gendarmerie, il apparaît d’ores et déjà qu’aucune sanction ne sera prise, pour l’heure, à l’encontre des gendarmes inculpés, qui font partie du détachement de l’aéroport (250 hommes) et qu’une source bien informée nous décrit comme des gens « expérience », qui n’en étaient certes pas à leur première expulsion.

« Et cela aussi longtemps que l’enquête judiciaire suit son cours », nous a déclaré Els Cleemput, porte-parole. « Ils sont actuellement eh congé de maladie. Ils n’interviendront plus pour les expulsions et seul le commandant de leur unité peut éventuellement décider de mesures disciplinaires ensuite, mais l’enquête et les résultats de l’autopsie (NdIR : celle-ci a été opérée mercredi dès 15 heures, les résultats ne seront connus qu’aujourd’hui) doivent encore établir l’exactitude des
faits
 ».

"Un conseil : faites un peu de cinéma"
La Dernière Heure - 24-09-1998

Certains avocats expliquent à leurs clients comment procéder pour ne pas être expulsés...

Les cinq premières tentatives avortées d’expulsion de Semira Adamu en sont l’illustration. « Nous, gendarmes, finalement, sommes payés pour avoir le dernier mot. Alors, Il y a un moment, comme au sixième essai, où on trouve que le cinéma a assez duré et que ça suffit ! Sans le savoir, on se trouve déjà dans les conditions où il suffit alors d’un rien pour péter les plombs. »

Un gendarme livre son témoignage accablant
La Dernière Heure - 24-09-1998

Un ancien du détachement de l’aéroport dénonce : ’Une unité fasciste !"

Le témoignage est accablant, révoltant. Il émane d’un gendarme affecté durant plusieurs mois au détachement de sécurité de l’aéroport national […]
« […] J’ai assisté à des passages à tabac fréquents, d’hommes et de femmes, surtout des gens venant d’Afrique noire. Ces faits de coups et blessures étalent surtout l’œuvre de gendarmes dont certains avaient une mentalité de vrais fascistes. J’ai vu des réfugiés que l’on privait de nourriture, d’eau. D’autres à qui on serrait tellement les menottes qu’ils perdaient momentanément la sensibilité des mains
la force ne peut plus être employée lorsqu’un homme est maîtrisé. La mentalité d’une grande majorité de gendarmes a bien évolué à ce sujet, mais pas à Zaventem…
Y avait-il des consignes ? « Non, mais les gradés fermaient les yeux. Il y a eu des enquêtes disciplinaires. Mais la mentalité n’a pas évolué. »

Sabena : Consternation
Le Matin - 24-09-98

La Sabena déclare également être ouverte aux remarques des pilotes et du personnel navigant, et toujours couvrir le pilote qui, seul maître à bord, décide de refuser d’embarquer la personne en instance d’expulsion. L’avis est nettement plus nuancé du côté du personnel navigant (pilotes, stewards, hôtesses). Là, plusieurs excellentes sources indiquent que, depuis un certain temps, on exprime le malaise à l’égard de ces expulsés et des conditions de leur expulsion, sans que ceci soit suivi d’effet au niveau de la direction. Car effectivement, de nombreux témoignages de personnel navigant existent - sous couvert d’anonymat car il y a des craintes de sanctions - pour dénoncer des conditions odieuses d’expulsion, avec nombre de violences physiques. […]
En outre, alors que la Sabena affirme que la personne refoulée n’est jamais menottée pendant le vol, les témoignages et les faits prouvent le contraire.

Un meurtrier a droit à plus d’égard
Le Matin - 25-09-98

L’axe Zaventem-Etat major. L’analyse de Fabien Houlmont, gendarme CGSP. Corrosive…

Les gendarmes de Zaventem font partie de l’unité spéciale chargée de la sécurité de l’aéroport et du contrôle des frontières. Quelque 200 hommes. Jeunes le plus souvent, qui ont choisi entre deux maux.
« Vous savez, quand une unité doit pratiquer de telles méthodes, finalement, cela devient la norme. Ou, pour utiliser un terme en vogue, un estompement de la norme. Car, enfin, ce qui est arrivé est la faute du système, pas de ses exécutants. »
Zaventem est devenu « l’unité à problèmes par excellence ».
La plupart des gendarmes de Zaventem ne restent là que deux ou trois années. Un délai amplement suffisant, estime Fabien Houlmont, « pour que leur tête soit sérieusement formatée, à côté de leurs pompes…. »
« Un meurtrier, il faut le savoir, a droit à plus d’égards. Un Etat démocratique qui se veut respectueux des libertés n’utilise par de telles mesures coercitives, sauf règle de proportionnalité oblige, si la violence sert à sauver une vie par exemple. Là, l’intérêt supérieur l’exige. Mais, dans le cas de Semira, où est-il, l’intérêt supérieur !? »

Un précédent en 1987
La Dernière Heure - 25.09.98

Un réfugié zaïrois était mort asphyxié par un coussin lors de son expulsion de Belgique

« On a utilisé un coussin. On l’a posé sur ses genoux et on a écrasé sa figure dessus. L’asphyxie a été causée à la fois par le coussin, mais aussi par le fait que M’Bicha a été plié en deux, ce qui a coupé son souffle. »
Par la suite, les deux gendarmes mis en cause dans le décès seront poursuivis. A deux reprises, la justice conclura à un non-lieu. « La première fois en estimant que les gendarmes n’avaient fait qu’exécuter les ordres. Ensuite, en prétextant du fait que mon client s’était rebellé. » […]
« On avait déjà pu constater d l’époque que ces méthodes comportaient des risques ! »

Un des gendarmes inculpés était récidiviste
La Lanterne - 25.09.98

« En janvier 1997, ce gendarme a été surpris par des collègues alors qu’il frappait un candidat réfugié dans une cellule. Ses collègues ont avisé le parquet qui a ouvert une enquête judiciaire. Le dossier a été classé sans suite par le parquet. Mais l’enquête disciplinaire a abouti à une peine d’un mois de suspension de service début 98 », explique EIs Cleemput, la porte-parole de la gendarmerie.
Mardi, il participait à sa deuxième opération d’escorte. »
Ce n’est pas ce gendarme qui a maintenu le coussin sur le visage de Semira Adamu
 »…
« Il n’est pas toujours possible d’écarter les gendarmes qui ont des antécédents disciplinaires des escortes vu les effectifs dont nous disposons », se défend le colonel Bruno Franckx…
On n’a utilisé le coussin que 12 fois cette année, uniquement pour les gens très violents, selon les directives du ministère. »
Seul les gendarmes qui travaillent à l’aéroport depuis plusieurs mois peuvent se porter volontaires. Ils sont triés sur le volet et surveillés de très près pour éviter les violences
 »

La mauvaise réputation de la brigade de l’aéroport
Le Soir - 26.09.1998

Depuis plusieurs années, un certain nombre de voix s’élèvent pour dénoncer les conditions de contrôle et d’accueil qui prévalent à Zaventem : abus de pouvoir, violences verbales ou physiques, rétention arbitraire. Cette lettre, écrite par le Centre pour l’égalité des chances, date de... 1994. Elle est adressée au ministre de l’Intérieur qui, à l’époque, s’appelait Louis Tobback. II n’y a jamais eu de réactions.
Et de s’inquiéter qu’aucun contrôle extérieur ne soit prévu, ce qui aboutit à ne pouvoir vérifier les rumeurs récurrentes de mauvais traitement à l’égard des étrangers. Ni celles d’une sympathie évidente pour les idées du Vlaams Blok chez certains gendarmes.
En 1995, le centre était revenu à la charge en proposant des formations spécifiques pour le personnel des centres fermés. Celles-ci ont effectivement eu lieu, sauf pour les gendarmes chargés de la surveillance de la zone de transit de l’aéroport.
En avril 1998, nous avons encore écrit au lieutenant-colonel Tempels pour lui signaler des actes discriminatoires commis à l’égard d’Africains, signale le directeur-adjoint du centre, Jean Cornil. Mais il est Clair que les plaintes qui nous parviennent ne constituent que la pointe émergée de l’iceberg.
Le traitement et le suivi de ces plaintes se caractérisent par leur inefficience, tant au niveau des contrôles internes qu’au niveau judiciaire. Sentiment d’impunité et esprit de corps prévalent.

Le monde politique ne semble pas prêt à revoir sa copie
Le Matin - 25.09.98

Exemples extraits d’un entretien accordé au Soir des 16 et 17 décembre 1995 par M. Schewebach, directeur [de l’Office des Etrangers] : « … Un avocat disait « Une vie n’a pas de prix ». Si, elle en a une pour la collectivité [...]
En février 1996 - le 2 précisément - le ministre de l’Intérieur, Johan Vande Lanotte en confirme pour partie leur teneur dans les colonnes de La Libre Belgique. « Si nous voulons être crédibles et si nous mettons les moyens nécessaires, nous devrions arriver à 15 000 expulsions d’ici trois ou quatre ans. C’est un chiffre « fétiche ». Il y en a d’autres. »

« Johnny donnait de l’argent aux expulsés pour qu’ils s’achètent à manger »
Le Soir - 30.09.98

Plus un jour ne se passe sans qu’une allusion soit faite au gendarme récidiviste mêlé au rapatriement tragique de Semira Adamu. […]
Mais il apparaît que Johnny se trouvait dans un état fébrile au moment des faits. Il avait notamment les mains très moites, selon l’enquête. Au moment où Semira a perdu connaissance, Johnny avait déjà été remplacé par un autre collègue. Celui qui avait été entendu par la juge Callewaert, sans être inculpe.

Un autre regard sur l’histoire de Semira Adamu
Le Soir - 30.09.98


Il n’y a pas de violence au 127 et au 127 bis… Ce que je n’accepte pas, c’est qu’au nom des droits de l’Homme et de la justice, le Collectif contre les expulsions piétine les droits du personnel et de la gendarmerie…
Herman souligne la qualité du personnel employé aux 127 et 127 bis ainsi qu’à la section réservée aux « inadmissibles », au bout de l’aérogare B. C’est vrai qu’il y a eu trop de monde parfois au 127. Mais les conditions de vie sont désormais bonnes.

« Témoignage de mauvaise foi et haineux » - Le Soir - 01.10.98

Communiqué en réponse aux calomnies de Herman Boon, l’abbé qui crachait sur les tombes.


Les onze dernières minutes de Semira Adamu
La Dernière Heure - 06.09.02

22 septembre 1998. Dans l’Airbus qui doit ramener Semira au Togo, tout est filmé…
Il est 29.26 - 29 minutes et 26 secondes - quand Semira, poussée dans l’appareil, est assise de force entre les gendarmes Johnny Pipeleers et Danny Cornelis. « Serre bien fort, hein », recommande quelqu’un…
A 31.17, on s’encourage : « Allez, ça va marcher, cette fois ».

Semira résiste de plus en plus faiblement. Tandis que ses gendarmes, Danny Cornelis et Johnny Pipeleers, font les potaches…
Mais [elle] ne hurle pas, ne se débat pas, ne crache pas, ne frappe pas : elle chante.
Les gendarmes la sentent faiblir : ils le disent. Pas un pour imaginer qu’elle suffoque. Etouffe. D’autres assistent à la scène : pas un pour redresser la jeune fille -20 ans - pour s’assurer que la position de femme cassée qui l’immobilise bouche et nez collés sur les coussins, que cette position n’est pas en train de la tuer.

L’audition du ministre Vande Lanotte
La Dernière Heure - 27.03.02


La juge demande alors au ministre s’il se sent responsable du décès de Semira Adamu.
« Il y a toujours une responsabilité politique. Je ne vois pas de faute personnelle parce qu’on a mis en balance la sécurité du gendarme et celle du rapatrié et qu’utiliser correctement le coussin était à nos yeux le moyen de prendre un minimum de risques sans devoir recourir aux charters…  »


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